
La première fois que Franquin a révélé qu'il y aurait une nouvelle Turbotraction, ce fut dans le journal RISQUE-TOUT.
![]() |
C'était un grand journal, presque au format d'un quotidien, avec des manchettes accrocheuses et la prétention d'un canard qui serait fait par ses lecteurs... RISQUE-TOUT avait été lancé par une minuscule campagne de presse dans SPIROU, dont il était un petit frère par l'âge (il était né en 1955, 1938 pour SPIROU), mais un grand frère par le format et par le public souhaité (on dirait aujourd'hui ciblé). |
| Pour son lancement, il avait été le premier à entrer en rapport avec une station de radio nouvellement née elle aussi, qui avait bousculé les habitudes d'écoute dans les grandes ondes: Europe NO 1. RISQUE-TOUT lançait un grand concours dont le premier prix, tenez-vous bien, était un tour du monde en avion. Il publiait aussi de la bande dessinée: de courtes aventures de Johan et Pirlouit, du Marsupilami... | |
Réalisé
par la même équipe que SPIROU, du moins dans les grandes lignes, il cherchait
néanmoins à s'en différencier par un ton plus fonceur, sage, plus battant. Il
y avait notamment la querelle de la Turbotraction. Franquin, qui se sentait une
vocation de styliste automobile, voulait redessiner le véhicule en le dotant
des progrès les plus spectaculaires de la technique. RISQUE‑TOUT avait été
le premier à l’annoncer. Plus tard, le journal avait même lancé un concours de dessin
de carrosserie.
Quelques-uns des envois sont représentés là :

Spirou
affirmait qu'il serait le premier journal à publier la nouvelle Turbotraction
de Franquin. RISQUE-TOUT avait rétorqué qu'il n'en était pas question et que
son équipe de journalistes serait à même de révéler la nouvelle Turbot
avant tout le monde. Bien sûr, les textes des deux journaux avaient été écrits
par les mêmes gens.
RISQUE-TOUT
a bénéficié d'un public enragé à le défendre ; peu de magazines ont été
tellement aimés par ceux qui les lisaient. Mais ils n'étaient qu'une petite
cinquantaine de milliers, et l'éditeur avait visé plus haut. Et puis, pour
propager ce journal, il aurait fallu faire de la publicité, et ça coûte cher;
et puis, tant qu'à parler de publicité, il n'y en avait pas dans les pages de
RISQUE-TOUT. Alors, après cinquante numéros, l'éditeur a décidé de faire
stopper les machines.


Franquin en prenant compte des dessins que les lecteurs du journal avait envoyés, fit plusieurs schémas...
![]() |
![]() |
![]() |
... Avant de trouver le bon :

Voilà une maquette de Geo Salmon, qui a réalisé une maquette 1/45ème de la Turbotraction 2 :
|
![]() |
Voilà comment a disparu la Turbotraction 1 :
Cliquez ici pour voir la planche.
Voilà la couverture du Spirou Mag qui illustre cette planche. (je la trouve vraiment très réussie).

Source : Intégral Franquin aux éditions Rombaldi (1986).