François Robert Velter, dit Rob-Vel

Né le 9 février 1909 à Paris.

Scénariste-dessinateur

En 1920 Robert Velter suit ses parents en Angleterre. Dès l'âge de 16 ans, il se voit contraint de travailler et débute dans l'hôtellerie, au Ritz Carlton de Londres. S'orientant vers une carrière d'officier de marine, il devient chef de rang sur le "Majestic". Après quelques années de navigation il occupe la fonction de moniteur de jeux sur "L'île de France". Lors d'une de ses traversées, il fait la rencontre de Martin Brunner, ose lui montrer ses dessins et se retrouve ainsi son assistant. C'est donc en dessinant des planches de Winnie Winkle (la sœur de "Bicot") que Robert Velter apprend le bien difficile métier de dessinateur de bande dessinée. Après deux années passées aux Etats Unis, il revient en France en 1936. Prenant pour pseudonyme Bozz (en hommage à Charles Dickens), il conçoit un premier personnage , "Tintin" !, qui préfigure déjà "Subito", sa première grande série, qui paraît à un rythme hebdomadaire dans "Le Petit Parisien". En 1937, il donne naissance à "Toto", une bande dessinée publiée comme il se doit (et jusqu'en 1940) dans "Le Journal de Toto". Le scénario de cette série est signé par Davine (Blanche Dumoulin), son épouse. L'année suivante, le 21 avril 1938 précisément, il crée un personnage appelé à un auguste destin : "Spirou" … Pour le magazine du même nom. Il prend alors comme pseudonyme : Rob-Vel. Parallèlement, toujours dans "Spirou", il illustre la série "Bibor et Tribar" (reprise en album dans la collection "Père Pictou" en 1940 et 1946). La déclaration de la Deuxième Guerre mondiale vient brouiller les cartes. Rob-Vel se retrouve mobilisé avec le grade de Maréchal des Logis. Sa femme Davine assure alors quelques temps la suite des aventures de "Spirou", aidée en cela par le jeune dessinateur belge Luc Lafnet. Puis, les frontières devenant infranchissables, Rob-Vel et sa femme doivent abandonner leur fils spirituel. Jijé, puis Franquin en poursuivront alors la destinée graphique … mais c'est une autre histoire ! Durant le conflit mondial, Rob-Vel continue pourtant de dessiner, cette fois dans l'hebdomadaire "Pierrot". A partir de 1941, il y crée "l'Homme au gant", "Le Père Purée", "Ce pauvre Pilouk", "Un Ténor a disparu", "Le Secret de Kornaki" et "Le Collier du Bouddha", et y poursuit "Bibor et Tribar". Il travaille ensuite dans le studio d'animation d'André Rigal. Après la guerre , Rob-Vel illustre "Les Avatars de M. Subito" pour "Opera Mundi" (1946-1969), travaille pour le nouveau "Pierrot" avec à nouveau "Bibor et Tribar" (1947-1951), "Le Père Pictou" (1948), "Les tribulations du chien Petto" (1949), "Le trésor du rocher pointu" (1950-1951), etc. Parallèlement, il collabore au "Journal de Bébé Poucet" avec "Bizouk et Pélik" (1947), à "Lisette" avec "Babouche et Babouchette" (1947-1949) et à "L'Astucieux" avec "Babouche" (1948). De 1947 à 1949, il figure au sommaire du journal "Bravo !". Il y anime "Toto au Mexique", "Mic Mac aux Etats-Unis", etc. Pour "Récréation" et "La Dernière heure", il redonne vie en 1956 à sa série "Ce pauvre Plouk". En 1971, pour "Opéra Mundi" et sous le pseudonyme de Darthel, il reprend le fameux personnage de "Nimbus" (créé en 1934 par André Daix). En tant qu'illustrateur, il figure également au sommaire de "Confidences" (1971), de "Lecture pour tous" (1974) , etc. Malgré sa multitude de créations (parmi lesquelles nous pourrions retenir celles de "Subito" et "Spirou"), le grand public ne connaît malheureusement que fort peu l'œuvre de Rob-Vel. Lorsqu'il débute, son graphisme n'a rien à envier à celui de ses confrères d'outre Atlantique. Incroyablement moderne pour l'époque, cet illustrateur mérite une place d'honneur au panthéon du 9ème Art.

Robert Velter nous a quitté à l'âge de 82 ans le 27 avril 1991 à Saint-Malo.