
C’est le 46ème numéro qui porte le titre " Machine qui
rêve "de Tome & Janry. C’est un tout nouvel album où le dessinateur vieillit Spirou et Fantasio. C’est une histoire plus dramatique qu’ humoristique. Cet album marque le 60ème
anniversaire de Spirou que Rob-Vel avait créé en1937.
Le public visé serait plutôt les adolescents voire les adultes.
L'ambiance est sombre, le thriller fait frémir et le sujet est grave. Spirou se retrouve pris dans une
machination : des scientifiques se sont servi de lui comme cobaye pour
une expérience et ont fait un clone du héros.
Seccotine , elle aussi a beaucoup changé.(On découvre dans cet
album qu’elle

---> Voici les commentaires du scénariste Philippe Tome sur "Machine qui rêve" :
Philippe Tome: "On a toujours eu a coeur, depuis qu'on a repris la série, de faire que dans chaque épisode il y avait quelque chose de plus. C'est vrai que cette fois-ci, comme c'était à la fois le dessin qui change et l'atmosphère du récit qui est un peu plus dramatique que les autres, effectivement, on peut parler d'une évolution radicale, ou même d'une petite révolution dans la série, c'est vrai."
Philippe Tome: "Quelque part on nous a fait confiance comme auteurs,
avec la mission de créer. Pour moi, créer, inventer, surprendre, tout ça, c'est un peu des synonymes. Donc,
quand on a possibilité d'inventer, de créer et de surprendre, on le fait. Cette fois-ci, je crois qu'on a été
un peu plus fort; pas dans le but de s'approprier le personnage, mais surtout pour manifester une fois de plus
que le personnage est bien vivant, qu'on travaille sur un personnage qui évolue, et pas tellement pour
s'approprier d'avantage la série, mais peut être pour éviter que ne s'installe une routine, qui finirait
par nous démotiver."

Philippe Tome: "Pour pouvoir raconter certaines histoires, et traiter certains sujets, le ton est important. "Machine qui rêve" par exemple est une histoire qui touche un peu à la science fiction et qui a besoin pour exister, pour être crédible, d'une certaine touche de réalisme. On ne pouvait pas s'autoriser un humour loufoque, on ne pouvait pas s'autoriser du burlesque dans cet épisode-ci, sous peine de faire apparaître cette action comme une espèce de second degré, ou d'une parodie."
Philippe Tome: "Un appel à la tolérance, une réflexion sur ce qui fait un Homme. A
quoi reconnaît-on le droit d'homme, de citoyen? D'où vient le respect? C'est là-dedans, pour celui qui
souhaite l'y trouver. Ceux qui souhaitent s'amuser, se détendre, sans se poser toutes ces questions, y
trouveront, je l'espère, très largement de quoi satisfaire ces envies."
Philippe Tome: "Je crois qu'on va faire le retour de Zorglub dans le prochain épisode. C'est tellement évident, puisqu'on a redonné un autre style aux aventures de Spirou et de Fantasio, maintenant ce qu'on va faire, c'est montrer de quelle manière on arrive à raccrocher cela à la tradition de la série!"
---> Critique du Whedo Suisse :
Certes, il est arrivé que des héros de bande dessinée soient soumis au changement. Prince Valiant ou Terry sont devenus des hommes au cours de leurs aventures. Les favoris du lieutenant Blueberry blanchissent. Tintin a fini par troquer son pantalon de golf contre une paire de jeans. Sinon, hormis quelques modifications graphiques bénignes, les personnages d'encre sont abonnés à la jeunesse éternelle et à l'immuabilité.
Et voilà que les auteurs de «Spirou et Fantasio» ont enfreint ce commandement. Dans «Machine qui rêve», Spirou a pris un méchant coup de réalisme. Il a perdu ses joues rondes et ses yeux de bille, il s'est émacié. Le coeur de tous les enfants périmés se serre, comme s'ils retrouvaient un vieil ami défiguré.
Bien sûr, depuis sa création, Spirou a évolué au gré des modes et des différents dessinateurs qui l'ont animé. En 1938, l'éditeur belge Dupuis décide de lancer un hebdomadaire pour la jeunesse. Il demande à Robert Velter d'imaginer un personnage vedette. Le dessinateur s'inspire des petits grooms qui travaillent sur les transatlantiques pour créer Spirou («écureuil» en wallon). Ce rouquin en livrée écarlate est emblématique de la jeunesse saine, serviable, optimiste et catholique que prône l'éditeur.
Consacré «Champion de la Belle Humeur», Spirou se dote d'une famille avec l'écureuil Spip et Fantasio, un grand dadais gaffeur et jovial qui se caractérise par huit grands cheveux plantés à la verticale sur sa bouille ronde. Et puis vint l'immense Franquin. En 1947, il reprend la série et, en vingt ans, l'amène à des hauteurs que la bande dessinée a rarement atteintes. Sous le règne du poète, l'univers de «Spirou» s'enrichit de personnages inoubliables, comme le comte de Champignac, savant farfelu, ou, bien sûr, le fabuleux Marsupilami. La série ne se remettra jamais de cet âge d'or. Lorsque Franquin abandonne la série, le groom s'étiole entre les pattes de dessinateurs peu inspirés.
Il va reprendre du poil de la bête dès 1981, lorsque Dupuis l'attribue à un tandem de jeunes dessinateurs, Tome et Janry. A l'époque, le groom a déjà perdu nombre d'attributs obsolètes (calot, guêtres, gants blancs). Les deux nouveaux responsables vont tenter la mission impossible: faire oublier Franquin. «Cela ne sert à rien d'être les clones de Franquin», déclaraient-ils à l'unisson. Avec un sens délectable du second degré, ils introduisent des marsupilamis en peluche dans les coins de leurs cases, imaginent le petit-fils du grand Zorglub sous les traits d'un nabot caractériel. Pour rigoler, ils inventent le «Petit Spirou», un galopin préoccupé par sa zigounette. Ils flirtent avec la science-fiction, le polar et, tout simplement, l'époque contemporaine. Spirou et Fantasio connaissent des fins de mois difficiles et ne restent pas insensibles au beau sexe. «On ne peut plus faire vivre des personnages hors du temps, on ne peut pas les montrer indifférents à la crise», explique Tome. «Qui sait encore ce que sont des guêtres ou un calot? Difficile de faire avaler ça à l'époque des ordinateurs portables, des navettes spatiales et d'Internet. Vous imaginez un gars qui dit: "Monsieur le bandit, je vous prie de bien vouloir me prendre au sérieux?"», demande Janry.
Tous les dessins de Spirou inclus dans ces pages sont une propriété exclusive des © Éditions Dupuis et sont ici à titre de référence seulement. Les dessins et textes pour le Marsupilami sont copyright© Marsu du site officiel du Marsupilami